jardin des PETITES RUCHES

VOS QUESTIONS sur l’apiculture écologique

samedi 30 avril 2016 par Petites ruches

Vos questions sont nombreuses sur le sujet des ruches refuges et de l’apiculture écologique. Regarder les quatre liens verts en début d’article ; et si vous ne trouvez pas les réponses à vos questions, alors je prendrai le temps d’y répondre ici.

Pour voir les vidéos abeilles
Pour voir l’article ’Questions réponses’
Pour voir l’article ’La Ruche’
Pour voir l’article ’Ruches refuges sans récolte de miel’

  • Pierre D (27/12/20) : "Je vais acquérir au mois de mai un essaim d’abeilles noires sur 5 cadres, est-ce incompatible avec le concept de ruche écologique (ne pas s’occuper directement des abeilles, ne pas les nourrir, ne pas prélever leur miel) ?"
    La question du choix des abeilles est primordiale, et complexe. Dans beaucoup de régions il existe encore des colonies non gérées par l’homme : dans les murs d’église, les toitures, arbres creux, poteaux, etc.
    Colonie sauvage dans un chêne, photo MN Vandooren

    Selon mon expérience ce sont de très bonnes abeilles, car elles ont choisi elles-même leur reine, et ont des stratégies d’adaptation aux difficultés locales telles que les conditions climatiques, floraisons, maladies, prédateurs, etc. Leur génétique est basée sur un grand métissage, une large palette de savoirs-faire, et non sur la race pure. Selon mes observations c’est ce brassage génétique, choisi par les abeilles elles-même, qui fait leur force.
    Ce préambule vous aidera à comprendre pourquoi, selon mon point de vue, les meilleurs essaims sont les essaims naturels, issus de ces colonies non gérées.
    Si vous achetez des essaims de race pure, quelque soit la race d’abeilles choisie, la questions sera de savoir si vous souhaitez conserver ou non cette race pure. Si la réponse à cette question est "oui", alors il vous faudra acheter régulièrement (tous les ans ou tous les deux ans) des reines de race pure pour remplacer les anciennes.
    Si vous voulez laisser faire la nature, alors sachez qu’elle ira toujours vers le métissage, car l’abeille (et la nature en général) ne sais rien faire d’autre que du brassage génétique, comme dans nos sociétés humaines, notez-le en passant. Et c’est parfait ainsi. N’en déplaise aux partisans des races pures, et ils sont très nombreux.

  • "L’essaim que j’ai commandé est fourni sur cadres Dadant, je suppose qu’il faut que j’installe les abeilles dans une ruche Dadant ? Est-ce un problème ?"
    Si vous ne trouvez pas d’essaim naturel et si vous installez les abeilles en ruche Dadant, sachez que ce n’est pas la forme, ni la dimension que les abeilles affectionnent.
    Adaptation de caisson Warré avec une ruche décagonale

    Selon les études de plusieurs chercheurs (Pr T.Seeley), et selon mes observations, les abeilles préfèrent des ruches plus ou moins cylindriques, de diamètre oscillant entre 25 et 35 cm. Dans des ruches plus larges elles ne parviennent pas à accéder aux réserves de miel latérales, en hiver quand la grappe d’abeilles est compacte au centre de la ruche.
    Elles ne peuvent pas non plus construire des rayons naturels sans cire gaufrée, et sans cadres, ce qui entraîne d’autres problèmes.
    Vous pouvez acheter un essaim sur cadres, pour débuter (ensuite vous récupérerez vos propres essaims pour peupler d’autres ruches, les vôtres ou celles des amis), dans ce cas choisissez plutôt un essaim d’abeilles noires sur cadres de ruches Warré.
    Un caisson Warré peut s’accoler facilement à d’autres caissons empilés dessous.
    Voir les exemples sur le site de Robin Pigot - Mississipi

  • Apiculteur anonyme : "Les abeilles sont des animaux domestiques dont il faut s’occuper, sinon autant ne pas en avoir et laisser faire la nature. Si on ne s’en occupe pas, cela a tendance à produire des abeilles assez agressives (l’abeille noire n’est pas connue pour sa gentillesse), essaimeuses et pleines de varroas. Sachez qu’en période de disette, même la plus douce des abeilles ne l’est plus."
    Les abeilles mellifères vivant à l’état sauvage existent en France, en Suisse et dans bien d’autres pays. Les autorités dites compétentes supposent toujours que les colonies d’abeilles vivant à l’état sauvage ne sont que des essaims d’abeilles issues de l’apiculture, qui ne survivraient pas au premier hiver.
    Lire le Bulletin complet de FTB (30 pages)

    L’organisation à but non lucratif FreeTheBees entreprend de fournir des preuves de l’existence de ces colonies vivant à l’état sauvage avec projet Swiss BeeMapping, qui, au cours des trois prochaines années, va surveiller toutes les colonies d’abeilles connues et collecter les données tangibles de leur existence."Lire ici la suite du bulletin de FreeTheBees n°16
    Les colonies sauvages peuvent vivre de très nombreuses années alors qu’elles ne reçoivent aucune visite de l’homme. Cela a été prouvé (voir les études de T. Seeley), et je l’observe également. Cela est possible parce que les abeilles essaiment et mangent leur propre miel.
    L’essaimage est le pilier central sur lequel repose la vie et la santé de l’abeille depuis 100 millions d’années. Nous, humains, sommes une poussière à l’échelle du temps, et pensons souvent tout savoir mieux qu’elle. Or de mon point de vue elle a beaucoup à nous apprendre. C’est le message porté également par le professeur Thomas Seeley, qui observe les colonies sauvages depuis 40 ans.
    Chaque essaimage permet à la colonie de se régénérer, de réguler le varroa, et de renouveler sa reine.
    Laisser faire la nature ?
    Pour aider les abeilles sauvages il faudrait que les essaims trouvent suffisamment de gros arbres creux, et qu’ils soient recensés et préservés, afin que la population d’abeilles sauvages augmente. Ce n’est pas le cas, il est donc intéressant de construire des ruches refuges. Cela assurerait la pollinisation des vergers et des potager, qui est souvent un peu partout insuffisante.
    Par ailleurs, beaucoup d’essaims se logent dans les fenêtres et les cheminées et sont détruits : nous pouvons y remédier en installant des "ruches appâts" attractives.
    Les abeilles noires sont agressives ?
    C’est une idée reçue, car une colonie qui n’est pas dérangée n’a pas de raison d’être agressive. En revanche, les pratiques intrusives des apiculteurs (ouverture, refroidissement, fumée, recherche et remplacement de la reine, ...) sont source de stress pour les abeilles. Voilà les apiculteurs ont sélectionné des races d’abeilles douces pour faciliter le travail du producteur,... abeilles qui ont bien de la peine à se défendre face à un quelconque prédateur, frelon inclus.
    Agressivité et disette ? Les colonies sauvages ne sont pas vraiment impactées par la disette car elles ont la totale gestion de leurs stocks de miel (car il n’est pas récolté par l’homme). Si le besoin s’en fait sentir, par exemple en cas de sécheresse, la colonie puise dans ses réserves de printemps, et vit au ralenti. Elle sait réguler ces difficultés, soyons sans inquiétude à ce sujet, car les abeilles ont traversé des périodes glacières et bien d’autres phénomènes délicats, depuis des millions d’années.
    Face au frelon Les abeilles sont un peu sous tension, aux aguets, lorsque les attaques de frelon asiatiques s’intensifient, en septembre-octobre. Durant ces périodes il ne faut pas les approcher trop ni toucher à la ruche.

  • JR Apiculteur : "De nos jours, une ruche sans soins est condamnée à mourir rapidement même si les abeilles ont choisi elles-mêmes leur lieu de résidence"
    Cette affirmation n’est pas exacte. J’ai moi même des ruches non gérées qui sont en pleine forme, et qui perdurent depuis 5 années sans aucune aide, bien qu’elles ne vivent pas dans un environnement préservé. Par ailleurs, dans la campagne proche de chez moi et dans les bois j’en connais de très anciennes, dans de vieux arbres, des poteaux. J’insère deux de mes vidéos ’abeilles’ en illustration.
  • JR Apiculteur : "Les abeilles, si elles ont la place, les fleurs et la population suffisante font énormément plus de réserves que leurs besoins. En prélever un peu tout en respectant leurs besoins n’est pas honteux !"
    Merci pour cette question. La question du miel est centrale. Depuis 2014 je ne récolte plus rien dans aucune de mes ruches, et je me suis engagée corps et âme sur la voie du ’réensauvagement’ partiel de l’abeille mellifère, car c’est urgent. Mon rêve serait que beaucoup de personnes le fassent à leur tour afin qu’Apis mellifera retrouve en partie son statut d’insecte libre. Nous sommes nombreux à travers le monde à montrer que c’est possible : L’association FTB en Suisse, par exemple, où l’abeille mellifère sauvage a presque entièrement disparu.
    Par ailleurs, comprenons que les abeilles qui produisent beaucoup plus de miel que ce qu’elles consomment sont des "abeilles de compétition", des Holstein du miel ! Elles ont été créées pour ça, par sélections successives, depuis des dizaines d’années. C’est pour cette raison que la profession tient à les conserver en race pure, pour ne pas perdre cette génétique ultra performante du point de vue du rendement. Mais il y a un revers à la médaille... Ces abeilles bodybuildées ne sont pas durables, et leurs reines doivent être remplacées chaque année. Ces abeilles constituent de grosses colonies et ont d’énormes besoin en nourriture, ce qui nécessite des apports de sucre qui fragilisent considérablement l’espèce. Et surtout elles sont épuisées par le travail qu’elles produisent, non pour elles mais pour l’homme, et sont incapables de se défendre contre les parasites tels que le varroa.
    Tout cela est un cercle vicieux dont il est possible de faire sortir l’abeille, à condition de réinventer une autre relation homme-abeille, et ce cesser la production industrielle de miel.
  • A. Apiculteur : Un essaim qui vadrouille n’est pas forcement un essaim sauvage. Il sort presque toujours d’une ruche. Un essaim vraiment sauvage ne se développe pas. Il ne sait pas bâtir les cadres de cire gaufrée.
    Je ne suis pas d’accord avec cette affirmation. Les essaims que je récupère viennent presque tous de mes ruches sans cadres ou bien de cheminées, de poteaux, de vieux arbres, de toitures, de murs d’église, de maisons abandonnées, etc. Ce sont de très bon essaims car ils ont eu le temps de développer leurs propres stratégies d’adaptation sans aide de l’homme ; je les considère comme des essaims sauvages. Il se développent très bien, à condition de bien choisir l’emplacement de leur ruche par rapport aux réseaux géomagnétiques (voir l’article géobiologie).
    Par ailleurs, n’importe quel essaim remplace et régénère sa reine au bout d’une année. La génétique de la colonie évolue donc dans le temps, et la sélection naturelle élimine les reines les plus faibles.

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