jardin des PETITES RUCHES

Noyer

samedi 23 septembre 2017 par Petites ruches


Merveilleux arbre pour la teinture. Le noyer, ’walnut’ en anglais est utilisé pour ses ses fruits, feuilles, racine et son écorce.
Les enveloppes vertes des fruits donnent une multitude de teintes différentes !

Noyer : les bogues vertes du mois d’août

J’ai récolté les premières bogues de noyer vers la fin juillet, quand j’ai commencé à en trouver au pied des arbres.
Elles étaient assez petites et dures, d’un vert vif.
Je les ai mises dans un seau d’eau de pluie, et oubliées là quelques jours.

Comme elles étaient un peu ramollies je les ai cassées avec un caillou sur une planche avant de les remettre dans l’eau.
Dans ce jus fermenté et filtré, la laine a pris une couleur brun rosé, assez claire, sans mordant, en laissant simplement au soleil quelques heures.

La suite, en septembre

J’ai ensuite repris le brou des noix d’août, qui macéraient dans un seau couvert, à l’ombre, depuis environ un mois et demi. J’ai filtré le jus avec une passoire fine. La laine, sans mordant, à froid s’est teintée cette fois en orangé roux.

brou de noix Au début du mois de septembre, un violent coup de vent a décroché beaucoup de fruits verts des arbres. Je les ai décortiqué pour en retirer les noix mûres. Les bogues, assez friables et un peu molles ont noirci rapidement. J’en ai rempli des bocaux de verre, puis couvert d’eau de pluie. Ce jus s’est très rapidement teinté de brun.

Les couleurs obtenues cette fois sont beaucoup plus foncées, tirant sur le brun vert olive

La couleur plus foncée est celle obtenue avec des bogues de septembre, macérées un ou deux jours ; la plus orangée celle des fruits d’août macérés longtemps (40 jours).
L’ensemble a été obtenu sans mordant, et sans chauffer.

En bas :
voici encore deux essais :
le beige clair est facilement obtenu en trempant la laine 5 minutes dans le brou à peine tiède, puis elle est séchée au soleil, et rincée le lendemain.
Le plus foncé, d’un teinte plus soutenue, a été chauffé au four solaire (octobre/50-60°C) pendant une heure environ.
La teinte sombre a été obtenue soit par macération de plusieurs jours dans le brou, soit par la chaleur (60°C), en une ou deux heures avec des bogues ramassées tardivement.
J’ai obtenu des résultats assez proches avec des bogues de carya (Noyer d’Amérique)

Citons les écrits de Dambournay (1786) :
Noyer (Juglans Regia. ) : C’est un ingrédient d’usage dans tous les ateliers de teinture, où il donne les couleurs fauves. On ne l’y emploie que dans un état de fermentation.
Au contraire je l’ai essayé frais : En cet état , deux onces broyées dans un mortier, cuites pendant une heure dans trois-quarts de pinte d’eau, m’ont procuré un bain brun-ardoise, donnant à la laine un marron-foncé, espèce de noir-bleuâtre très solide. C’est la plus belle des brunitures fortes que l’on puisse employer en tapisseries, parce qu’elle n’est point d’un ton cru et mort comme le noir.
La même dose, cuite pendant une heure sans bouillir, puis mêlée avec deux parties de vin ou jus fermenté de bourdaine , communique un olive-noirâtre et terne , mais
solide.
Un peu de dissolution de fer en forme un mordoré noir bien assuré.
Ayant observé que tous les produits du brou de noix portaient au noir-bleuâtre, j’en ai broyé de tout frais , et l’ai mis dans un vase de verre avec de l’eau chaude pour le faire fermenter, ce qui a eu lieu en quatre jours.


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