jardin des PETITES RUCHES

Abeilles solitaires sauvages à découvrir

samedi 30 avril 2016 par Petites ruches

Les abeilles sauvages

Andrène de la bryone, sur fleur mâle de bryone
Halicte sur fleur de chardon

Il existe plus 1.000 espèces d’abeilles sauvages en France, généralement non sociales (ne vivent pas en colonies comme les abeilles de ruches), et ne produisant pas de miel. Seule l’abeille Apis mellifera en produit et vit en colonie (Notons toutefois que cette dernière peut être sauvage, ou bien d’élevage, et que les colonies sauvages doivent être protégées.)
Toutes ces abeilles sont encore très mal connues pour la plupart, et pourtant elles participent toutes activement à la pollinisation et la fabrication des graines de presque toutes les plantes.
Incroyable, certaines abeilles de la famille des andrènes ou des collètes ne visitent qu’une seule sorte de fleur. Par exemple, l’andrène de la bryone, la collète du lierre, ou encore l’andrène de la scabieuse. Si la plante hôte disparaît, à cause de défrichages excessifs, l’abeille disparaît.

Exemple des collètes

Collète du lierre
Bourgade dans le tas de sable

A la mi septembre, le lierre est en fleurs, et des dizaines d’abeilles rayées butinent nectar et pollen : impossible de les rater. Ce ne sont pas les abeilles des ruches, mais les collètes du lierre, abeilles sauvages d’une durée de vie assez courte, inféodées à cette plante grimpante (leur plante hôte) qu’est le lierre. Elles ne produisent pas de miel, et récoltent la nourriture pour alimenter les larves qu’elles ont pondu dans le sol. En novembre, une fois leur descendance assurées, elles disparaissent.
Il est important de préserver leurs sites de ponte lorsqu’on en découvre au jardin.
Elles sont solitaires, mais pondent dans les même secteurs, que l’on appelle des ’bourgades’.
Observons-les dans cette vidéo, filmée lorsqu’elles ont pondu dans notre tas de sable. Nous les verrons rapporter du pollen pour nourrir leur pontes, et dans les dernières minutes de la vidéo vous verrez l’une d’elle faire sa toilette, minutieusement, brossant ses antennes, et nettoyant sa langue.
A la fin octobre ces abeilles seront toutes mortes, car leur cycle est très court. Leurs pontes écloront un an plus tard ! En attendant les petits resteront dans leurs cocons étanches.

Cette fois nous sommes au début du mois d’avril, et c’est au tour des collètes des sablières d’émerger de leur longue léthargie hivernale. Les cocons éclosent, et les abeilles creusent de petits tunnels pour sortir de la terre sableuse en bordure de chemin ensoleillé où elles ont été pondues l’année précédente.

Collète des sablières (mâle)
Collète des sablières
Bourgade de collètes des sablières

Les osmies : abeille maçonnes

Les osmies, encore appelées abeilles maçonnes sont celles qui occupent le plus volontiers nos hôtels à insectes, ou encore les trous de nos fenêtres. Les femelles, rousses, pondent sans relâche de mars à mai pour assurer leur pérennité, car les adultes ne vivent que deux mois environ. Dans la nature elles pondent dans des tiges ou des brindilles sèches et creuses. Leur principale nourriture est le pollen et le nectar des arbres fruitiers, pommiers, pruniers, poiriers, cerisiers, dont elles assurent en partie la pollinisation. Durant cette période les abeilles mellifères et les osmies sont complémentaires pour la production des fruits et des graines.
Observons les osmies dans cette vidéo, filmée devant l’un de nos nichoirs.

Si vous souhaitez fabriquer un nichoir pour les osmies, je vous donne de nombreux conseils sur cette page de mon site : https://petitesruches.fr/spip.php?article27

Xylocope = abeille charpentière

Abeille charpentière butinant les coquelicots

On pourrait croire qu’il s’agit d’un gros frelon, mais non ! C’est la plus grosse des 1000 espèces d’abeilles solitaires de nos régions européennes. L’abeille charpentière est inoffensive et commence à voler au jardin vers le mois de février, cherchant inlassablement de bons emplacements pour y pondre ses œufs : vieilles souches de bois pourri, gros tubes de bambous, etc
On la voit presque toute l’année, butiner les grosses fleurs telles que les pavots et les roses trémières, mais aussi certaines fabacées dont elle raffole (haricots, pois, caragana), ainsi que les ancolies, coquelicots... C’est une bonne pollinisatrice, ce qui veut dire qu’elle permet aux fleurs de fabriquer leurs graines !

Mon amie l’andrène de la bryone

Bryone sur la palissade en été
Andrène récoltant le pollen
Andrène et fleur mâle de bryone

Cette toute petite abeille ne fait pas de miel, mais elle est si précieuse à mes yeux que j’en parle à toutes les personnes qui visitent le jardin. Et pourtant elle ne paye pas de mine... Elle éclot au moment où sa plante hôte, la bryone, commence à peine à fleurir. C’est dire comme la nature est bien synchronisée ! Cette plante n’est pas très connue, car elle n’est pas comestible.
- Alors pourquoi s’intéresser à une abeille qui ne fait pas de miel et à une plante qui ne se mange pas...me direz vous ? On se le demande....
- Parce que ! Parce que chaque minuscule être de cette planète a un rôle essentiel à jouer dans la symphonie du grand tout.
La bryone est une plante attachante, dans tous les sens du terme. C’est une plante grimpante, qui s’accroche un peu partout, se hisse grâce à ses vrilles. Un pied est soit mâle, soit femelle, et les deux genres sont attractifs pour les abeilles. Les fleurs femelles donnent des baies rouges qui nourrissent (entre autres) la fauvette à tête noire.
L’andrène de la bryone est inféodée à cette plante grimpante. Elle recherche exclusivement son nectar et son pollen pour nourrir ses petits. Cela la rend extrêmement dépendante et fragile. Et pour la protéger il suffit de lui laisser quelques pieds de bryone (un peu expansive parfois, il faut le reconnaître) !
Et ne me dites pas que cette plante est dangereuse, toxique, et qu’il faut absolument l’éradiquer, je risquerais de me piquer une colère... Les baies de cette plante médicinale (Bryonia dioïca) ne sont pas des bonbons, soit ! et c’est à nous de l’enseigner aux enfants.


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