jardin des PETITES RUCHES

Ruches Refuges sans récolte de miel

samedi 30 avril 2016 par Petites ruches

Le pot de miel est joli, l’emballage fleuri, et l’abeille semble heureuse de nous offrir son miel... Le consommateur s’imagine probablement qu’en l’achetant il participe à la préservation des abeilles...
Pourtant, au regard des pratiques apicoles modernes, l’abeille est loin de se réjouir de ses nouvelles conditions de vie, car pour augmenter les productions elle est soumise à des pressions de plus de plus fortes. L’apiculture est devenue, à l’image de l’agriculture, de plus en plus intensive.
Imaginons ce que serait un autre rapport à l’abeille, une relation plus douce et non mercantile.

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- Ruches Refuges
- SOS essaims d’abeilles

Un tour d’horizon


2019 : année de grandes perturbations climatiques : gel pendant les périodes de floraison, puis canicule et sécheresse, une année noire pour le producteurs français, qui ont fait 1/3 de leur récolte habituelle en moyenne.

En revanche, en 2018 la récolte était excellente dans de nombreuses régions, avec 20.000 tonnes de miel. Résultat exceptionnel !
Certaines ruches ont même produit, nous dit-on, plus de 100 kilos de miel sur la seule miellée de luzerne ! Les apiculteurs applaudissent.

Et les abeilles ? qu’en pensent elles ? Bénéficient-elles ou non d’une année exceptionnelle ?

Des parallèles avec le monde agricole

Voici un premier exemple :
vaches de concours des harnais pour soutenir leur mamelles hypertrophiées
En 1900 une vache produisait 10 litres de lait par jour. Aujourd’hui elle en fournit en moyenne 30 litres. Et le record revient à une vache Holstein aux mamelles géantes, avec plus de 90 litres !
Ces résultats font la fierté des éleveurs sélectionneurs, engagés dans cette course effrénée du toujours plus.
Le revers de la médaille est qu’on est obligé de faire porter à ces vaches aux mamelles démesurées des hamacs pour les soutenir et éviter que leurs ligaments ne se fragilisent..

Deuxième exemple :
poulet sans plumes

A présent disponible sur le marché, ce poulet ’bare chicken’ a été obtenu par sélection : son inventeur a réussi à créer cette nouvelle race de poulets sans plumes afin de faciliter le travail des éleveurs.
Le revers de la médaille est que cet animal à la peau nue est fragilisé et ne peut pas vivre dans des situations trop froides.

Qu’en est-il de l’abeille ?

Les limites de ce que nous avons coutume d’appeler le progrès sont atteintes dès que l’on fragilise le Vivant.
L’abeille, animal minuscule, ne monte pas sur les podiums des concours agricoles. Elle subit sans que personne ne le soupçonne, des dérives similaires. Découvrons-en quelques aspects :

Reine portant un dossard aimanté numéroté

Marquage et clippage des reines

Voici la photo d’une reine abeille portant sur le thorax un dossard métallique numéroté. Une goutte de colle est appliquée directement sur le thorax de la reine avant d’y déposer la pastille en acier inoxydable. Un crayon aimanté permet de l’attraper plus facilement. Les dossards API... sont vendus aussi avec une barre magnétique de 270 mm de longueur. Placée immédiatement au-dessus de la petite porte de sortie de la ruche, elle bloque la reine qui se prépare à l’essaimage, aimantée par le dossard magnétique qu’elle porte sur le dos.

Le clippage, autre pratique courante en apiculture consiste à couper la moitié des ailes de la reine, toujours dans le même but, celui de l’empêcher de partir. La colonie se trouve alors dans l’impossibilité d’effectuer un essaimage naturel puisque la reine ne peut plus voler. (les ailes ne repoussent pas ! Et si certains ne coupent qu’une aile sur deux, le résultat reste le même.)
Cette pratique du clippage, mutilation de la reine, est interdite en apiculture bio.

opération clipage : couper les ailes de la reine

Sélection des colonies : sur quels critères ?

« Le rêve de l’apiculteur est d’avoir des abeilles parfaites ! »...
À quoi ressemble l’abeille parfaite selon les professionnels ?
Quels sont les principaux critères qu’ils ont retenus pour tenter d’approcher la fameuse abeille idéale’ ?

  • la bonne productivité (appelée instinct d’amassage)
  • la douceur comportementale (afin de pouvoir travailler sans protection ni enfumoir)
  • la bonne tenue aux cadres : Les abeilles restent sur leurs cadres sans réactions notables aux manipulations
  • la faible tendance à récolter la propolis (car elle colle les cadres et tache les habits)
  • la faible tendance à l’essaimage

Les colonies des ruchers de sélection reçoivent des notes (allant de 1 à 5) sur chaque critère, et les mal notées sont déclassées et écartées du rucher.

Au bout du compte, les abeilles obtenues par sélections répétées n’ont plus rien à voir avec les anciennes souches. Elles sont devenues des abeilles douces et productives, certes, mais aussi d’une extrême fragilité, ne pouvant plus subsister sans l’aide de l’homme (surveillance, remplacement des reines, distribution de sucre et de compléments alimentaires, acaricides pour traiter leurs parasites... etc).
Et la performance se monnaye très cher :
Le prix d’une reine de compétition peut atteindre 50 à 80€ !
Et celle d’un essaim sélectionné vaut entre 150 et 200€.
Lorsque les conditions météo sont critiques, comme celles de l’été 2019, les colonies ne résistent pas et s’écroulent ; elles n’ont pas le patrimoine génétique qui leur permettrait de résister à ces conditions extrêmes.

L’insémination artificielle des reines

Insémination artificielle d’une reine

En apiculture conventionnelle, les reines d’élevage sont produites par centaines, de façon artificielle, et souvent inséminées artificiellement. La plupart des apiculteurs sont devenus dépendants de cette industrie, et ne peuvent plus se passer d’elle, de la même façon que les agriculteurs sont devenus dépendants de l’agrochimie.
Comme le dit Gunther Hauk La cause la plus grave de la baisse de santé et de vitalité de l’abeille c’est la production artificielle des reines.

Dans une ruche, il peut arriver qu’une reine meurt brusquement. S’il y a encore des œufs ou de jeunes larves de moins de trois jours dans la ruche, pondus par la reine avant sa mort, alors les abeilles peuvent la remplacer et fabriquer une reine d’urgence : elles choisissent un de ces œufs ou larves et construisent pour elle une grande alvéole de cire appelée cellule royale. Or une reine d’urgence n’est jamais une bonne reine. Elle peut être vigoureuse au départ, mais elle devient stérile au bout de quelques mois, ou à peine une année.
Si l’on regarde les choses de plus près, on découvre que presque toutes les reines élevées conventionnellement sont en quelque sorte des reines d’urgence, de faible fécondité et peu durables. Le risque de stérilité est bien moindre chez les reines naturelles, issues d’un élevage programmé par les abeilles elles-même, qui s’accouplent hors de la ruche avec des mâles vigoureux et diversifiés. Une reine naturelle peut alors pondre durant 5 ans.

l’insémination instrumentale des reines a été réellement mise au point vers 1970 pour maîtriser le pedigree des souches, garantir le maintien des performances obtenues, sans risque de ’pollution génétique’.
Pour cette opération la reine est anesthésiée (CO2), et le sperme d’un seul mâle lui est injecté (’single drone’)
Sa longévité s’en trouve diminuée : au lieu de vivre 5 ans, elle ne durera qu’1 ou 2 ans), et il faudra sans cesse la remplacer.
La reine pond des abeilles-soeurs, et la colonie aura très peu de diversité en comparaison d’une colonie sauvage où la reine s’accouple naturellement avec par un grand nombre de mâles.
Cette pratique dommageable pour l’abeille est aujourd’hui très largement répandue (Chili, Argentine, Canada, Etats-Unis, Hawaii, Nouvelle Zélande, Pays de l’Est...), et les reines d’importation voyagent légalement par avion à travers le monde. A titre d’exemple, au Chili, 500.000 reines fécondées sont produites chaque année.
Elle est toutefois réglementée en apiculture bio : La charte bio Demeter interdit totalement cette pratique ; celle de Nature et Progrès la tolère uniquement dans le cadre de la sauvegarde génétique d’un écotype d’abeille locale.

  • Une vidéo de 20 mn sur l’élevage des reines en Argentine,
    reines expédiées dans le monde entier :

Le sucre, sous toutes ses formes : sirops et candis de nourrissements

La nourriture naturelle de l’abeille est, rappelons-le, le miel. Et celle de ses petits, le pollen.

Alors pourquoi les nourrisseurs de ruches sont-ils remplis de sucre ? pour stimuler les abeilles, augmenter les productions, et parce que leur miel est prélevé au fur et à mesure que les abeilles le fabriquent.
En France, la quantité de sucre donné aux abeilles représente 1 à 2 fois la production totale de miel, selon les années.
Ces sirops et autres candis fragilisent les abeilles en diminuant leurs défenses immunitaires, jouant un rôle certain dans le déclin des abeilles.

La forte consommation de sucre est également une réelle menace pour l’homme (les enfant sont particulièrement visés), accroissant considérablement les risques d’obésité et de diabète.

La réalité est-elle aussi noire ?

Voici l’extrait d’un texte de Guillaume Lemoine, lui même apiculteur, qui dénonce ces pratiques :
« Ne nous voilons pas la face. Nos pratiques, même pour les apiculteurs amateurs, relèvent majoritairement de l’apiculture intensive. Les apiculteurs utilisent massivement depuis un siècle des abeilles importées comme les abeilles italiennes (Apis mellifera ligustica), carnioliennes (Apis mellifera carnica) ou encore caucasiennes (Apis mellifera caucasica) et leurs hybrides comme la Buckfast. Ces introductions ont été faites et sont toujours réalisées dans le but de donner des colonies plus productives, plus fortes en nombre d’individus et ayant une plus longue période d’activité (et parfois des individus plus doux).

La sélection artificielle, l’élevage et le clippage des reines, l’utilisation massive de sirops de stimulation et nourrissement (dont l’usage en France est plus du double en volume que la production de miel), le développement de l’usage de ruches en plastique, l’usage de cires et sirops contaminés... ainsi que le déplacement des colonies (transhumance) sont monnaie courante dans l’apiculture moderne. »
Lire le texte dans son intégralité

Une nouvelle voie possible : la slow apiculture


Comment pouvons nous modifier notre relation à l’abeille ?
En la considérant non plus comme une vache à miel, mais en lui redonnant, du moins partiellement, un statut d’insecte libre et sauvage.

Je laisse ici la parole à Gilles Ratia, ex président d’Apimondia, qui avance la piste d’une « slow apiculture » dans le cadre d’une approche holistique précautionneuse de l’avenir de la biodiversité, donc de l’humanité...
Voici un extrait d’un article paru en 2006
 :

  • Soit les apiculteurs ne font rien sinon s’adapter tant bien que mal sans cesse aux nouvelles pressions du métier : pesticides de plus en plus pernicieux, globalisation des maladies et parasitoses, produits vétérinaires à bout de souffle, climatologie aléatoire, législateur de plus en plus strict au niveau de la qualité des produits de la ruche tout en laissant passe les adultérations industrielles d’Extrême-Orient, coûts de production croissants, etc. Peu survivront...
  • Soit les apiculteurs se tournent vers la « Slow Apiculture » : abandon de l’élevage de reines, des cires gaufrées, des nourrissements autres que ceux de survie,
    réduction des transhumances et des traitements allopathiques, etc., encore faudrait-il que les agriculteurs en fassent autant, à leur niveau et dans leurs propres pratiques, dans le cadre d’une approche holistique précautionneuse de l’avenir de la biodiversité, donc de l’humanité. Tous survivront..
    . »
    Lire le texte dans son intégralité

2019 : une année noire pour l’apiculture ?

Année 2019, catastrophique pour qui ? Tous les journaux titrent la même chose. La météo est mauvaise pour les apiculteurs. Printemps froid, canicule... etc. Oui, et ça ne va pas s’arranger dans les années à venir, car le bouleversement climatique va s’accentuer dans les années à venir, qui ne le sait pas encore ?
Certaines années, comme cette année 2019, il n’est pas possible de prendre du miel aux abeilles, parce qu’elles le mangent au fur et à mesure qu’elles le récoltent : pour chauffer leurs petits, ou pour rafraîchir la ruche en ventilant.
Le plus important est de sauver les abeilles !
Voici notre expérience pour 2019 : nous avons des ruches de préservation, et cette année les abeilles vont bien. Elles ont produit quelques essaims vers la mi-juin, après les froids et avant la canicule. Nous ne les aidons pas, ne les nourrissons pas au sucre, elles savent gérer ces situations délicates... elles en ont vu d’autres !
Ce que nous pouvons faire pour aider les abeilles cette année : semer des fleurs, ne pas les déranger, ombrager légèrement les ruches en cas de canicule... et ne pas toucher au miel !

Que pouvons nous faire individuellement, face à ce constat ?

Nous, simples citoyens éclairés, pouvons agir par nos choix de consommation : Voici quelques conseils très simples que je propose :

  • En ce qui concerne le miel, il serait préférable d’en consommer moins, et aussi moins de produits à base de miel (pains d’épices, biscuits au miel, céréales au miel pour les enfants, etc, car du miel chauffé perd toutes ses propriétés...).
    Le remplacer par du sucre intégral (bio) ou des confitures maison.
    Considérer le miel comme un alicament, puissant remède aux mille vertus pour la santé, bien utile en périodes de fatigue, ou de convalescence par exemple.
    Less honey to save bees !
    The honeypot is pretty, the flowery packaging, dream seller, nature preserved, and the bee seems happy to offer us his honey ! The consumer probably thinks that by buying it he participates in the rescue of bees ...
    However, in the light of modern apicultural practices, dreams have nothing to do with reality. The bee is the last beneficiary of this new fashion, because to increase the productions it is subjected to pressures of more stronger. Apiculture has become, like agriculture, more and more intensive.
    Free bees ? What does it mean ? Perhaps there is still time to invent another relationship to the bee, a softer, non-mercantile relationship ? Because utopias are more necessary than ever today.

A titre d’exemple, un mélange de miel et d’huiles essentielles bien choisies (aromiel) est une remède souverain (voir les recettes de Roch Domerego pour connaître les bons dosages et les recommandations d’usage) :

  • Acheter impérativement du miel bio (si possible avec le label Demeter ou Nature et Progrès qui respectent des chartes plus exigeantes que le label AB). Bien sûr il est beaucoup plus cher, mais il est aussi bien meilleur et, surtout, plus respectueux de l’abeille.
  • En résumé : en consommer moins, mais du meilleur !
  • Ne plus acheter ni pollen, ni gelée royale, ni aucun produit contenant de la gelée royale, toujours dans un souci du respect de l’abeille.
    Less honey to save the bees

    Aller encore un peu plus loin : bricoler une ruche de biodiversité et l’installer dans son jardin

  • Voici une vidéo-tuto de 8 mn que nous avons faite pour vous aider à fabriquer une ruche rebelle :

    En implantant des ruches de biodiversité, sans contrôler ni contrarier le développement colonies, les essaims se formeront librement, les reines s’accoupleront naturellement avec de nombreux mâles extérieurs à la ruche, et le patrimoine génétique des colonies pourra se renforcer années après années.

Fabriquer une ruche de biodiversité c’est offrir à une colonie un espace semblable à un tronc creux, mais il ne s’agit pas de devenir apiculteur. Et dans ce ’nichoir à abeilles’ nous ne prélèverons rien ou presque rien (un ou deux pots de miel pour le plaisir). Ces ruches jamais dérangées sont très douces et peuvent trouver leur place au jardin.
Les abeilles sont comme les autres êtres vivants de cette planète, elles n’appartiennent à personne. Aujourd’hui, de plus en plus d’associations dans le monde redonnent une place à l’abeille mellifère sauvage, libre de vivre sa vie d’abeille, sans aide de l’homme si ce n’est de leur fournir des abris adaptés à leurs besoins (ruches de biodiversité sans cadres). Ce ré-ensauvagement est nécessaire (et pas uniquement pour les abeilles mellifères !).

Télécharger les plansPlans pour construire la Ruche Rebelle sans récolte de miel {PDF}

De nombreux modèles de ruches écologiques existent : ruchette de biodiversité (modèle de Gilbert Veuille), ruche tronc, ruche en paille, Sun-hive, Kényane, ruche en terre-paille, en bois cordé, ruche warré, ruche ronde en divers matériaux,... etc
Certains modèles ne sont pas difficiles à construire soi-même.
Il est important que cette ruche ne contienne pas de cadres, que les abeilles n’y soient pas dérangées et que le diamètre intérieur ne dépasse pas 35/40 cm
Aujourd’hui il est urgent de réaliser que les abeilles ont besoin de notre aide pour se renforcer, car elles subissent des agressions nombreuses. La ruche que nous pouvons leur offrir est avant tout un nichoir, simple à fabriquer, et peu coûteux, dans lequel elles vivront librement et mangeront uniquement leur propre miel, celui qu’elles ont soigneusement sélectionné car sa composition correspond exactement à leurs besoins.

la ruche est installée au jardin, et peuplée
Ruche dite ’rocking-chair’ inspirée du modèle de G. Veuille

Inventons une nouvelle façon "d’élever" des abeilles ; non pas pour en tirer le meilleur profit, la meilleure rentabilité, mais plutôt offrir un logis confortable à une colonie d’abeilles, dans un environnement aux floraisons diversifiées, afin qu’elle puisse prospérer le mieux possible, et vivre de façon autonome.

Ruche en bois cordé, comme une cheminée
  • Dans cette vidéo, 22 femmes s’expriment sur leur relation avec les abeilles, lors de la conférence Leearnig from the bees qui a eu lieu en 2018 en Hollande

Lien vers notre page facebook dédi...

Une bonne vidéo de l’apiculteur Mathieu Angot sur le sujet : est-ce qu’on doit absolument ’s’occuper des abeilles’ pour qu’elles survivent, et traiter le varroa


titre documents joints

Exemple parmi d’autres : Reines inséminées en Pologne

7 janvier 2019
info document : PDF
696.3 ko

Article du magazine Reporterre 2018

26 décembre 2018
info document : PDF
349.1 ko

Interview de Gilles Ratia (pdf)

23 décembre 2018
info document : PDF
775.9 ko

Ne serions nous pas un peu responsables de nos malheurs ? par G. Lemoine (pdf)

23 décembre 2018
info document : PDF
175.2 ko

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