Questions-Réponses : apiculture écologique

Dans cette page je donne de nombreuses informations pour construire, et gérer une ruche de biodiversité. Les abeilles peuvent venir s’y loger seules, à condition de préparer la ruche pour qu’elle soit attractive et de bien la placer. Pour développer ces sujets j’ai écrit un livre qui s’appelle ’Ruches Refuges’, aux éditions Ulmer, avec des tutos, des plans, des conseils pour comprendre et gérer une ruche de biodiversité (Ruches Refuges)

Qu’est-ce que pratiquer une apiculture préservation (Preservation beekeeping) ?

C’est inventer une nouvelle façon « d’élever » des abeilles, non pas pour en tirer le meilleur profit, la meilleure rentabilité, mais pour offrir un logis confortable à une colonie d’abeilles, dans un environnement fleuri, afin qu’elle puisse prospérer le mieux possible, et y vivre de façon autonome.
Le abeilles existent depuis plus de 100 millions d’années, bien avant l’apparition de l’homme. Il a créé des ruches pour prélever son miel et sa cire depuis 5000 ans environ. Or, depuis 1870 et l’invention des ruches à cadres par Charles Dadant, les pratiques d’élevage se sont intensifiées, l’abeille a été sélectionnée pour produire davantage et se trouve fragilisée par ces excès productivistes et la dégradation de son environnement.

ruche octogonale, proche de la ruche tronc

Accueillir une ruche de biodiversité c’est laisser aux abeilles la possibilité de retrouver des conditions de vie les plus naturelles possibles, l’homme se mettant volontairement en retrait par rapport à elles, acceptant de ne pas tout contrôler, superviser.


Savez-vous ce qui se passe si on ne prend pas le miel aux abeilles ?
Eh bien elles le mangent ! Oui, elles le mangent entièrement. Elles le consomment, pour se donner de l’énergie, et pour chauffer leurs petits, et aussi pour se chauffer l’hiver.
Quand on prélève du miel, on doit compenser, c’est obligé, sinon elles meurent de faim. Et la pratique habituelle est de compenser avec du sucre.
Mais le sucre les rend malades, affaiblissant leurs défenses immunitaires. (c’est pareil pour nous)
On peut créer des ruches-nichoirs, sans récolte de miel. Des refuges pour les abeilles, où elles mangent leur miel, et où on n’a pas besoin de leur donner du sucre. Ce sont des ruches autonomes.

Matt Somerville

En Angleterre, Matt Somerville œuvre au ré-ensauvagement de l’abeille mellifère. Il place des ruches troncs dans les arbres et les essaims viennent seuls. Voici son site : https://beekindhives.uk/bee-centred-beekeeping/

Au Mississipi, c’est Robin Pigot fait de même : http://hudsonvillebees.com/category/bees/loghives/

Et si on veut prélever un petit peu de miel (1 ou 2 kilos par an et par ruche), il faut s’assurer que la météo le permet, qu’il n’y a ni canicule ni sécheresse par exemple. Il faut que les abeilles aient suffisamment de miel pour leur propre consommation, ne pas donner de sucre stimulants ou compensatoires. Certaines années (comme l’année 2019) aucune récolte ne sera envisageable (canicule, sécheresse, printemps très pluvieux, phénomènes de plus en plus fréquent), et la colonie sera prioritaire. Nous devrons lui laisser l’ensemble de sa récolte pour qu’elle survive.

C’est refuser les essaims ou les reines inséminées artificiellement, car l’affaiblissement génétique qui en découle est préjudiciable à la survie des abeilles.

C’est être vigilant sur l’environnement proche de la ruche, afin de s’assurer que la colonie ne manquera pas de fleurs, et de veiller à ce que la diversité des floraison soit la plus large possible.

C’est comprendre que l’abeille est un maillon essentiel de la biodiversité, et que sa présence dans nos jardins, nos villages, est indispensable : c’est elle qui pollinise la quasi-totalité de nos fruits et légumes, et qui rend possible la fécondation des plantes sauvages ou horticoles, et garantit leur pérennité.

Quels sont les types de ruches écologiques ?

De nombreux modèles de ruches écologiques existent : ruchette de biodiversité (modèle de Gilbert Veuille), ruche tronc, ruche en paille, ruche Warré, Sun-hive, Kenyane, ruche en terre-paille, en bois cordé, ruche ronde en divers matériaux (tonneau)… etc
Il est important que cette ruche ne contienne pas de cadres, que les abeilles n’y soient pas dérangées, et que le diamètre intérieur ne dépasse pas 35/40 cm mais au delà de la ’ruche’, c’est la pratique qui lui est associée qui importe.
Certaines colonies vivent librement dans les murs d’habitations, des poteaux, des arbres creux : on pourrait dire que ce sont de bonnes ruches écologiques.

Voir quelques modèles de ruches refuges

La ruche refuge à toit chalet, un des modèles les plus facile à faire soi-même

La ruche Warré, c’est quoi ?

Deux ruches Warré sans cadres

Son inventeur, l’abbé Émile Warré (1867 – 1951) fit de très nombreuses expérimentations sur plus de 300 ruches dans les années 1930. Il apporta sa vision critique sur les ruches à cadres qui commençaient à se répandre un peu partout, et imagina une ruche à barrettes, sans cires gaufrées, la plus proche possible des conditions naturelles de l’abeille, tout en étant facile à construire. Il souhaitait que tout un chacun puisse avoir une ruche dans son jardin et récolter du miel sans pour autant devoir s’équiper de nombreux outils d’extraction.
Son livre, « L’apiculture pour tous », est consultable librement sur le net. De construction facile, cette ruche a des éléments empilés (de 3 à 5 en général), d’une section carrée (30cm x 30cm), comprenant 8 barrettes à chaque étage. On peut lui apporter des améliorations en ajoutant des petites vitres à l’arrière, à condition de bien les fermer avec un volet isolé, surtout en hiver, et d’y regarder très ponctuellement, pour suivre discrètement l’évolution des constructions. On peut l’améliorer en arrondissant un peu les angles pour lui donner un volume plus proche du cylindre, forme idéale, dans laquelle les abeilles se développent mieux, car c’est la forme de l’essaim naturel.

Cela demande-t-il beaucoup de travail de s’occuper d’une ruche ?

Une ruche écologique nécessite très peu d’interventions. Les abeilles construisent leurs rayons de cire toutes seules. Il ne faut surtout pas placer de cadres en cire gaufrée, et encore moins des cadres alvéolés en plastique !


Les abeilles ne sont pas des animaux domestiques comparables aux chats et aux chiens. Les essaims voyagent, les reines sont remplacées naturellement à cette occasion. Depuis des siècles les interventions humaines ont conduit à fragiliser l’espèce, par des manipulations inadéquates, et on s’en rend compte aujourd’hui. Il est temps de se mettre en retrait et de laisser la nature réparer les erreurs. Elle le peut grâce aux accouplements multiples des jeunes reines, et au brassage génétique qui en découle. Il faut faire confiance à la Nature qui a le don de revenir vers des caractéristiques rustiques, et des abeilles plus autonomes. Mais cela demande un peu de temps, et surtout de résister à notre envie de « s’occuper » d’elles, « vérifier » si tout est en ordre, « surveiller »,… etc. Il faut laisser la sélection naturelle opérer, et accepter que certaines souches faibles ou mal adaptées disparaissent.
Le petit travail que nous pouvons faire est de procéder au nettoyage du plancher de la ruche à la sortie de l’hiver, afin de faciliter la tâche des abeilles et d’assainir la ruche

Un soin particulier sera de veiller à ce que les abeilles trouvent un point d’eau (mare), et à enrichir l’environnement floral par la plantation d’arbres et arbustes. (Voir nos vidéos pour créer une mare). Une bonne pratique sera également de moins tondre la pelouse et moins « nettoyer » le jardin, pour laisser aux abeilles des fleurs spontanées (trèfle blanc, pissenlit, brunelle…), plus utiles que les ornementales.

Il est important d’ombrager la ruche en période caniculaire pour éviter que les constructions de cire ne fondent.

Combien de miel peut-on récolter dans une ruche ?

Le bouleversement climatique est tel que la météo devient de plus en plus capricieuse et imprévisible (pluie, canicule, vent, neige,…). Les abeilles ont du mal à faire leurs réserves de nourriture et il devient de plus en plus aléatoire de récolter du miel, car les abeilles ont souvent à peine la quantité nécessaire à leur survie. N’oublions pas qu’en hiver ce sont leurs réserves de miel qui leur permettent de se se chauffer et de résister au froid.
Si le miel est récolté au fur et à mesure que les abeilles le produisent (c’est le cas dans une exploitation apicole), une mesure de compensation consiste à donner du sucre, ce qui est nocif pour les abeilles.
Seule une très petite récolte de miel annuelle (de l’ordre de 1 à 2 kg de miel par ruche et par an) garantit que la ruche ne manquera de rien, et qu’il ne sera pas nécessaire de compenser par du sucre.

Comment peupler la ruche ? Les abeilles vont elles y venir d’elle même ? Existe-t-il des souches plus résistantes que d’autres ?

Un essaim d’abeilles peut venir s’installer de lui-même, si la ruche a été un peu ’préparée’. En effet elle sera plus attractive si les parois internes sont badigeonnées d’alcool propolisé, et frottée avec de la mélisse, ou de l’huile essentielle de mélisse. Et si on suspend un petit morceau de rayon naturel (galette) avec des alvéoles construites par les abeilles sur une barrette en haut de la ruche, ce sera encore plus efficace.

Peuplement spontané d’une ruche : l’essaim s’enruche de lui-même

Ce n’est pas tout : il faut trouver le bon emplacement pour poser la ruche, c’est à dire un « couloir à abeilles ».

Pour récolter un essaim, on peut aussi installer une ou plusieurs ’boîtes’ un peu en hauteur dans les arbres pour capter un/des essaims de passage (voir photo ci-dessous). C’est une méthode qui fonctionne bien, en mettant de la propolis et mélisse. Quand l’essaim est dans la boîte, on le transvase en le versant dans la ruche.

Les caractéristiques d’une boîte capte-essaim :

> Volume : entre 40 et 50 litres. De nombreux chercheurs ont démontré qu’il s’agit de la taille préférée des abeilles éclaireuses et occupée le plus souvent par des essaims.

> Entrée réduite, imitant la taille des entrées que l’on trouve généralement dans les cavités naturelles des arbres.

> Légère, pour la tenir en toute sécurité avec une main tout en gravissant l’échelle.

> Durable – pour durer dix ans ou plus. Le taux de réussite des pièges à essaim augmente avec l’âge. Plus vous attrapez d’essaims, plus il y a de phéromones dans la boîte, ce qui le rend encore plus attrayant pour les nouveaux essaims.

> Étanche aux intempéries – Les abeilles acceptent rarement les pièges à essaim humide.

> Économique – à l’aide de matériaux (contreplaqué) disponibles dans tous les magasins de matériaux de construction.

> Facile à construire – accessible à quelqu’un sans compétences en travail du bois ni outils électriques. La boîte peut être construite avec une scie à main, un marteau et un tournevis.

J’observe depuis plusieurs années que les colonies les plus résistantes sont celles :
– qui démarrent assez tard, construisent doucement,
– qui s’économisent, le reine arrêtant de pondre en cas de sécheresse et canicule

La question est de savoir « où sont les abeilles résistantes ? Qu’en reste-t-il ? On voudrait bien celles-là dans nos ruches, mais on ne sait vers qui se tourner.
Une réponse serait que des réseaux commencent à s’organiser, dont voilà le principe : j’ai une ruche, l’année prochaine j’aurais un ou deux essaims si tout va bien. Je les donnerai à des amis, qui à leur tour s’engagent à continuer la chaîne…etc. Mais attention, il faudra placer les essaims dans des ruches de biodiversité et non celles destinées à la production.
La question suivante, c’est : « où sont ces réseaux ? » La réponse : ils sont à créer, par nous tous. Pour le moment ils n’existent pas vraiment. Pourtant ça urge !

Guêpes et frelons risquent-ils de prendre place dans la ruche ?

C’est possible mais cependant très rare. On peut surveiller un peu si on veut être sûr que les ruches vides soient libres pour accueillir les abeilles.
La période des essaims se situe entre avril et juin ; les guêpes et frelons seront actifs à l’arrivée des grosses chaleurs, plus tard dans la saison. Si la porte d’entrée est assez fine (6 mm) les frelons ne pourront pas entrer.

En Allemagne, le frelon européen (jaune et noir comme une grosse guêpe) est protégé. Les apiculteurs installent même des nichoirs pour les héberger au sein des ruchers ; car ils ont observé que cela dissuadait le frelon asiatique (noir avec une bande orange) de prendre place dans le périmètre.

Peut-on voir la reine ?

Il est rare de la voir, car elle se trouve sur les galettes de cire alvéolées pour y pondre. C’est son activité principale au cœur de la ruche, là où il fait le plus chaud.
On peut l’apercevoir lorsqu’elle change de couloir et passe devant la fenêtre.
La particularité de la ruche Warré est qu’elle n’a pas de cadres ; elle ne sera donc pas ouverte, ni visitée comme avec une ruche à cadres..
Il n’est pas nécessaire d’ouvrir la ruche pour savoir si la reine s’y trouve. L’observation à la porte nous donne tous les indices : comportement des abeilles, entrée de pollen… De plus, l’ouverture d’une ruche perturbe l’équilibre thermique et hygrométrique et oblige les abeilles à travailler pour restaurer cet équilibre.

Faut-il nourrir les abeilles ?

C’est une pratique devenue hélas banale que de nourrir les abeilles au sucre ! sous toutes ses formes, … amidons de blé ou de maïs, sirop de betterave, de canne à sucre, pâte de glucose, fondant, candi, etc…, or ces substances sont mal digérées et fragilisent les défenses immunitaires des abeilles qui sont faites pour manger uniquement du miel, leur propre miel, riche de toutes les substances qu’elles ont soigneusement sélectionné.
Pour respecter ce principe, le prélèvement de miel dans une ruche écologique doit toujours être très modéré, et jamais au détriment des abeilles. Ainsi, aucun apport de sucre ne sera nécessaire.
Certaines années, lorsque la météo est particulièrement difficile (2019 est l’exemple le plus récent), aucune récolte de miel n’est possible, tout doit être laissé à la colonie car c’est leur ’carburant’, l’énergie indispensable pour voler, ventiler la ruche en période de canicule, élever les petits, et aussi pour ses réserves hivernales. Les abeilles mangent du miel pour faire frissonner leurs muscles et ainsi chauffer la ruche.

ruche refuge à la fin mars : pollens multicolores


A la mi-décembre 2019, un nouvel épisode survient : il fait 15°C et la colonie se réveille. C’est une situation complètement inhabituelle. Le climat est en train de changer à grande vitesse, et les espèces animales ou végétales doivent faire face à cette transformation brutale si elles veulent survivre. Il ne faut pas ‘aider’ les abeilles en leur donnant du sucre, c’est au contraire les fragiliser, les empêcher de mettre en place des stratégies de défense. Si on ne donne pas de nourrissement, seules les plus fortes survivent, celles qui ont une génétique solide. C’est le plus grand service qu’on puisse leur rendre.
C’est pas facile à faire… mais je leur fais confiance ; les abeilles savent s’adapter. Mais attention, là ce sont des ruches de biodiversité, sans récolte. Je leur laisse toutes leurs réserves.
Les deux premiers jours elles ont fait un peu de ménage, sorti des abeilles mortes, etc, fait le tour du jardin. Et elles ont pu constater qu’il n’y avait quasiment aucune fleurs à butiner. J’ai choisi de ne pas leur donner de nourrissement, afin de ne ne pas fausser leur jugement, et surtout ne pas stimuler la ponte de la reine, ce qui serait vraiment stupide puisque nous sommes à Noël. J’observe leur comportement, et m’aperçois qu’elles ne sortent presque plus, elles ont adopté un comportement prudent : ne pas se fatiguer, attendre qu’il y ait des fleurs. Je leur fait confiance, elles ne sont pas idiotes. Elles savent compter. Combien de réserves ? Combien de temps avant les beaux jours ? Elles savent ce qu’il faut faire pour la survie de la colonie.

Avoir une ruche dans son jardin, est-ce dangereux ?

ruche Warré

Les abeilles ne sont jamais dérangées dans une ruche écologique. Elles vivent librement, comme lorsqu’elles occupent un tronc d’arbre ou un creux dans un mur.
De ce fait, leur comportement est paisible, et nous pouvons cohabiter avec elles sans inquiétude.
Il faudra seulement veiller à les entourer d’un petit enclos en palissade ou en grillage lorsqu’on a des jeunes enfants, ou des animaux assez turbulents pour faire basculer la ruche.
Un très petit jardin n’est pas l’endroit le plus adapté pour installer une ruche. Dans ce cas on peut la placer en hauteur, soit sur un toit terrasse, un toit végétal sur un appentis par exemple, ou sur une petit plateforme à 2 mètres de haut. Ainsi les abeilles entreront et sortiront sans interférer avec les occupants de la maison.
Il faut noter que les ruches sont déjà trop nombreuses dans les grandes villes, et qu’il serait préjudiciable d’en rajouter, car tous les insectes doivent trouver assez de nourriture sans se concurrencer.

Une ruche dans mon jardin : combien ça coûte ?

Une ruche écologique, sans cadres, est facile à fabriquer pour les bricoleurs. Elle peut avoir des formes et des tailles différentes. Un diamètre de 30 à 35 cm intérieur est conseillé..
Pour peupler la ruche la solution la plus économique est la récolte d’un essaim sauvage, ou d’appâter la ruche avec de la propolis pour que les abeilles la trouvent seules.

Est-on obligé de récolter du miel ?

L’homme a commencé à exploiter les abeilles dans de grands ruchers il y a environ 4 500 ans, comme en témoignent les fresques égyptiennes, ou encore les découvertes archéologiques de Tel Rehov en Israël. L’homme du néolithique, lui, se servait dans le arbres, à la manière des ours.
Mais avant l’apparition des hommes, et durant des centaines de milliers d’années, l’abeille était libre. (Les premières abeilles ont existé il y a 100 millions d’années).

Une fausse croyance est que l’abeille est un animal domestique qui ne peut se passer de nos services. C’est faux, les abeilles n’ont pas besoin de nous. Elles vivent très bien sans nos interventions, et même mieux.
Si l’on souhaite seulement héberger une colonie pour la pollinisation et la préservation des abeilles, sans récolte de miel, il suffit de mettre la ruche dans un coin du jardin, et de lui laisser gérer ses provisions de miel. Les butineuses récolteront ce qui est nécessaire au groupe, réguleront la taille de la colonie en fonction des réserves et surtout de la météo.

Elles consommeront le miel qu’elles ont stocké, principalement en hiver pour se chauffer.
Il ne faut pas croire que les abeilles récoltent plus de miel qu’elles n’en ont besoin. En réalité, si une colonie amasse des quantité de miel, c’est qu’elle a été sélectionnée pour ça (comme les vaches qui produisent de plus en plus de lait et qui ne peuvent plus porter leurs mamelles), et qu’elle est stimulée pas des apports réguliers de sucre pour maintenir la cadence. Ces abeilles ne sont pas résistantes. Elles ne peuvent pas vivre sans assistance humaine. Et dans un avenir à court terme elles seront amenées à disparaître, face aux bouleversement climatiques de plus en plus imprévisibles et violents (sécheresse, canicule, …etc). Seules les colonies les plus économes résisteront, celles qui auront des caractéristiques proches de l’abeille sauvage.

Faut-il empêcher les colonies d’essaimer ?

l’essaimage booste considérablement les colonies d’abeilles

La clé de la réussite est de laisser les abeilles essaimer. L’essaimage est la plus belle invention des abeilles ! Il permet à la colonie de se régénérer par le remplacement de la reine, et de retrouver des caractéristiques perdues à cause des sélections visant uniquement la productivité. Essaimer est un processus naturel qui permet à la colonie de se renforcer par métissage et de coloniser de nouveaux espaces.
Nul besoin d’acheter des reines fécondées artificiellement pour remplacer celle de la ruche. Les abeilles savent le faire bien mieux que nous !
On sait aujourd’hui que l’essaimage permet aux colonies de réguler les populations de parasites tels que le varroa, puisque ce ce phénomène brise le cycle du parasite qui ne trouve plus les larves nécessaires à son développement optimum.


Cela fait 100 millions d’années que les abeilles essaiment, pour se déplacer vers de nouvelles contrées à prospecter, se croiser avec de nouvelles populations, et pour se renforcer par sélection naturelle. Il faut laisser se poursuivre ce mouvement naturel de la Vie.
Laissons faire la nature, et récoltons les essaims naturels qui sortiront de nos ruches, pour en peupler de nouvelles, les nôtres ou celles de nos amis.

Que planter dans le jardin pour aider les abeilles de ma ruche ?

ail décoratif

Les plantes mellifères, favorables aux abeilles sont très nombreuses,

  • Plantons des arbustes dans nos haies :
    amélanchier, aubépine, épine vinette, érable champêtre, cornouiller, troène, viorne, aubépine, cotoneaster, lonicera fragrantissima, mahonia, noisetier, rosiers arbustifs, seringa, sorbier, symphorine… etc
  • Des aromatiques :
    thym, romarin, lavande, origan, sauge, sarriette, hysope…
  • Des coins de prairies fleuries
    phacélie, bourrache, coquelicot, mellilot, luzerne, moutarde,, sainfoin, trèfle blanc et incarnat, pissenlit…
  • Et si le terrain est assez grand, des bosquets de nature sauvage, avec quelques ronces, du lierre, des chardons
  • Laissons des parcelles de pelouse non tondues afin d’offrir aux abeilles des bouquets de fleurs spontanées, brunelles, salsifis, pissenlits, centaurées, …

Quelle est la réglementation pour installer une ruche ?

alvéoles de cire

Les distances à respecter sont prises par arrêtés préfectoraux.
En règle générale, si un écran vous sépare du voisin (haie, palissade, pare-vue ou mur de 2 m de haut, sur une longueur de 2 m de part et d’autre de la ruche), aucune distance n’est imposée. Vous pouvez mettre la ruche où vous le souhaitez. Vous pouvez aussi la placer en hauteur, sur un toit terrasse par exemple.

Comment être sûr que les abeilles n’ont pas de maladies ?

Les abeilles non exploitées mangent uniquement leur miel, récoltent leur propolis et d’autres substances comme le mycélium de certains champignons. Cet assortiment de molécules choisies par elles les protègent des maladies : la propolis est un antibactérien, antifongique puissant ; le mycélium les détoxifie des substances chimiques, et dépollue leur organisme (cela a été prouvé par le scientifique Paul Stamets, spécialiste des champignons). Le miel est aussi un antiseptique puissant qui les protège.
Les abeilles trouvent dans la nature tout ce qui leur est indispensable pour être en bonne santé. Nous n’avons rien à faire d’autre que de leur offrir un environnement de la plus grande diversité possible pour qu’elle puissent équilibrer leur ressources. Et surtout leur laisser leur miel, et ne jamais leur donner du sucre à la place.
Nous connaissons et observons dans la nature de nombreuses colonies sauvages vivant hors contrôle de l’humain et qui se portent bien, passent les hivers sans problème.
Les colonies se renforcent par la régénération annuelle des essaimages, et par la sélection naturelle. Cela les aide aussi à réguler les parasites comme le varroa, car durant la période des essaimages le cycle du parasite est perturbé par l’absence de pontes. Le phénomène de l’essaimage est une protection naturelle qui protège les abeilles de toutes sortes de parasites. Il ne faut surtout ps le contrer si on veut avoir des abeilles en bonne santé.

Notons que certaines maladies telles que la Loque américaine (Paenibacillus larvae), qui est une maladie du couvain, sont favorisées par des carences en pollen. C’est ce qui arrive lorsque les abeilles sont placées dans des champs de monoculture (lavande, colza, tournesol…), environnement artificiel et uniforme ne permettant pas aux abeilles butineuses d’équilibrer la nourriture des petits en pollens diversifiés. Il est essentiel qu’elles butinent dans des environnements floraux riches et fournissant des pollens à haute teneur nutritive, tels que les pollens de marronniers, ormes, peupliers, tilleul, sainfoin, érable ou ronce.

pollen de chèvrefeuille au printemps


D’autres pollens, bien qu’abondants, sont de qualité plus médiocre et ne suffisent pas à combler les besoins. Ce sont des pollens complémentaires ou transitoires qui aident la colonie à patienter en attendant l’arrivée d’une meilleure source, et en l’absence de celle-ci la colonie risque les carences. Citons entre autres les pollens de pin, de ciste, ou de pissenlit.
Un régime alimentaire varié est donc indispensable à la santé de la ruche. Les mélanges de pollens ont de meilleures propriétés immunitaires que les pollens seuls.
Certains arbres reconnus comme essentiels pour les abeilles en raison de la haute qualité de leurs pollens ont disparu de nos paysages, ou sont gravement menacés.
Certains pollens séchés sont vendus sur le commerce pour nourrir les abeilles, mais ils ne sont pas capables de remplacer ceux qui sont récoltés frais pas les abeilles.

Un petit tour au jardin pour vous présenter quelques pollens dont les abeilles raffolent.

Qu’est-ce que la transhumance des abeilles ?

La transhumance des ruches par camion est une pratique moderne qui consiste à transférer les ruches d’un endroit à un autre, pour obtenir des récoltes continues tout au long de l’année et ainsi augmenter les productions. Les abeilles sont délestées de leur miel à chaque étape. Et cela les incite à travailler davantage pour assurer leurs réserves hivernales de nourriture. Elles remplissent donc les hausses de miel sur des floraisons successives : quelques jours dans les champs de colza, puis dans des bois d’acacias, puis elles sont transportées dans une autre région, pour faire du miel de lavande, de romarin, miel de montagne… etc.

La transhumance est aujourd’hui qualifiée abusivement ’d’apiculture pastorale’ (certains allant jusqu’à utiliser le terme de patrimoniale pour justifier cette activité, prétextant que les hommes l’ont toujours pratiquée… Cela est faux, elle était en réalité très peu pratiquée par le passé, car très fastidieuse. Rappelons que si cela se faisait, les ruches devaient être véhiculées à dos de mulet sur des chemins chaotiques ! Les bergers, notamment, transportaient parfois certaines de leurs ruches vers la plaine en hiver pour les préserver du froid, mais pour pallier à cela les ruchers d’altitude étaient des bâtiments couverts ou même semi-enterrés, mettant les abeilles bien à l’abri.

Pour revenir aux sacro-saintes notions de patrimoine et de tradition, il est important de se poser cette question : est-ce que les Anciens avaient toujours de bonnes pratiques ? Ne faisaient-ils pas, eux aussi, de graves erreurs ? Souvenons-nous qu’ils détruisaient les colonies avec du soufre pour prendre le miel, et cela jusqu’en 1948…

La transhumance est dommageable pour les abeilles qui sont fragilisées et désorientées par ces déplacements.
De plus, lorsque plusieurs centaines de ruches débarquent, cela pose un réel problème à la petite faune locale. Les Espaces Naturels Protégés prennent aujourd’hui des mesures pour réglementer les installations de ruchers (par exemple sur la Côte bleue, Massif de l’Estaque).
Les abeilles des ruches ainsi déplacées peuvent être contaminées par des maladies ou parasites se propageant d’un ruche à l’autre, d’un rucher à l’autre.

Les abeilles de ma ruche peuvent-elle concurrencer les bourdons et autres pollinisateurs de mon jardin ?

Aujourd’hui certaines personnes vont vous mettre en garde et tenter de vous faire renoncer à mettre une ruche de pollinisation et de préservation des abeilles, en affirmant que cela est nocif pour ’les autres insectes’, sans véritablement développer les nombreux aspects de cette question. Pourtant il est important de se pencher là-dessus en détail. Je vais essayer de vous apporter quelques éclairages (il faudrait un livre entier pour cela).
Tout d’abord ce sont les ruchers de production qui posent réellement problème, puisque des dizaines (voire des centaines de ruches) sont implantées, ou transhumées et brusquement débarquées dans un site.
L’apiculteur gère son cheptel d’abeilles d’élevage en stimulant les ouvrières avec du sucre, des mélanges artificiels protéinés, des compléments alimentaires, et remplace chaque année les reines par des reines sélectionnées pour pondre de plus en plus d’œufs afin d’obtenir plus d’ouvrières et plus de miel. Ce sont des techniques de dopage des colonies, antinaturelles et qui rendent les abeilles dépendantes de leur gestionnaire. Ajoutons à cela que le miel de ces colonies est prélevé régulièrement afin d’intensifier l’activité de butinage des abeilles. Les abeilles privées de leur miel, travaillent plus, et ’forcent’ pour compléter les réserves (qui sont toujours vides).
Vous comprendrez alors qu’une colonie ’sauvage’, non gérée, ne se comporte pas de la même façon. Elle travaille beaucoup moins, et le nombre d’abeilles est bien plus faible, puisque la génétique est plus rustique (la proportion de gênes d’abeille noire est plus forte, grâce à la sélection naturelle qui opère).
Alors, mettre une ou deux ruches dans mon jardin est-ce raisonnable ?
Tout dépend de la concentration des ruches. Il est certain qu’à Paris le nombre de ruches est déjà beaucoup trop élevé, et que c’est une erreur d’en rajouter. C’est une question de bon sens, et tout dépend des ressources florales du secteur…

andrène : abeille sauvage qui ne fait pas de miel

-> Que veut dire ’abeilles sauvages ? : justement, c’est là le nœud du problème, et il faut faire bien attention à ne pas tout mélanger. Il existe 1000 espèces d’abeilles sauvages en France, qui ont des modes de vie très divers. Certaines butinent uniquement le lierre, la bryone ou la centaurée. Certaines pondent dans le bois pourri, d’autres dans la terre, dans le sable… etc. Le biotope de chaque espèce est à prendre en compte individuellement, alors qu’on a tendance à tout mettre dans le même sac. Il faudrait faire des études sérieuses et détaillées, pour voir comment améliorer les floraisons et les abris indispensables à chaque espèce. Cela nécessite de revoir nos modes de gestion des espaces (y compris les petits jardins privés), réduire les tontes, abandonner les monocultures, stopper le déboisement, restaurer les milieux humides, etc… (un gros chantier !)

alvéoles remplies de pollens

Et chacun peut agir… Un peu partout les gazons ont la boule à zéro, même en période de canicule et de sécheresse. Alors, comment s’assurer que les abeilles ne manqueront de rien, même en plein été (trèfles, picrides, chardons,…) ? Les zones humides (bords de mare) sont particulièrement précieuses. Nous pouvons tous agir pour sensibiliser les services communaux, départementaux, régionaux, afin de modifier la gestion des espaces en zone humides (sources, plan d’eau), bords de route, talus fleuris, lisières, etc. Ainsi les insectes, de très nombreuses espèces, pourront trouver de la nourriture en abondance même au plein cœur de l’été (menthes, scrofulaires, reine des prés, cardères, épilobes… etc), alors que bien souvent ces espaces sont tondus, broyés sans conscience.

Implanter une ou deux ruches dans nos jardins ne concurrence pas les pollinisateurs sauvages, non ! Et, de plus, cela permet de redonner un place à l’abeille mellifère sauvage, qui perd son adjectif domestique, car elle n’appartient à personne et a besoin d’être protégée. En effet, Apis mellifera est une espèce endémique, présente en Europe depuis des centaines de milliers d’années, et qui a été manipulée et modifiée par l’homme pour augmenter les productions de miel. Aujourd’hui plusieurs associations dans le monde sont en train de lui redonner des espaces de liberté, en mettant à sa disposition des ruches de biodiversité, ou des troncs creux, sans récolte de miel. Ces colonies ’réensauvagées’ échappent au contrôle de l’homme et réacquièrent des caractères de rusticité et d’autonomie. La sélection naturelle écarte les souches moins bien adaptées et moins robustes. C’est l’avenir ! Car l’abeille hybridée, fragile et dépendante de l’homme, est appelée à disparaître avec les bouleversements climatiques qui commencent à se faire sentir fortement.
Par ailleurs, n’oublions pas qu’il y a 1 ou deux siècles, des centaines de colonies sauvages occupaient nos forêts, nichées au cœur des vieux arbres creux et des trognes. Ce patrimoine végétal s’est réduit comme peau de chagrin, emportant avec lui les insectes, chauve-souris, et oiseaux qui y prospéraient depuis toujours. Placer des ruches refuges permet de pallier à ce manque d’habitat, en attendant que la qualité des espaces boisés soit restaurés.

La Géobiologie a-t-elle une influence sur les abeilles ?

Oui, les paramètres ’géobiologiques’ ont une importance pour la santé d’une ruche. Ils peuvent être bénéfiques ou négatifs.

géobiologie : Un courant souterrain émet des ondes dévitalisantes pour les abeilles et les arbres s’en éloignent

les courants d’eau souterrains qui, par frottement de l’eau sur les parois rocheuses, émettent des ondes, ont un effet dévitalisant sur la plupart des êtres vivants, notamment les colonies d’abeilles mellifères. Il faut en éloigner les ruches de deux mètres au moins. Ces réseaux souterrains ne sont pas visibles à l’œil nu car ils sont parfois très profonds. C’est leur débit qui a une influence : un petit courant d’un débit puissant agira fortement, tandis qu’une nappe phréatique n’aura pas d’effet.
On remarque sur l’image ci-dessous que l’arbre se penche pour éviter les ondes reçues par la ramure.

  • Les réseaux magnétiques des métaux : Nickel (Hartmann), Fer (Curry) : Selon leur polarité (+) ou (-) ils agissent en élevant ou en abaissant la vitalité du lieu. Les forts réseaux négatifs (niveau 2- ou 3-) sont à éviter lors de l’installation d’une ruche. Dans la nature les abeilles ne choisissent jamais de tels emplacements.
  • Les réseaux magnétiques du Cuivre ou couloirs à abeilles
    Ils sont très bénéfiques pour les abeilles quelque-soit leur polarité. Il en existe des petits, des moyens et des gros. Les essaims colonisent de préférences des cavités traversées par ces réseaux. Et les arbres s’y développent bien aussi.
réseaux géobiologiques

Réseaux géomatiques du cuivre : couloirs à abeilles Les Anciens connaissaient cette science et ces réseaux qu’ils nommaient ’couloirs à abeilles’ . L’observation de très antiques ruchers montre que les ruches y étaient placées de préférence sur ces réseaux pour favoriser leur vitalité, et leur résistances immunitaires.
Ces phénomènes nous intéressent depuis de nombreuses années et nous essayons de comprendre la nature des emplacements préférés des abeilles du point de vue géobiologique.
Nous connaissons de nombreuses colonies installées de façon spontanée dans notre environnement proche : églises, arbres creux, trous de murs, pigeonnier, tour, poteaux électriques en béton, fenêtres… lorsque nous en avons l’occasion, nous analysons ces points et cela conforte peu à peu notre analyse : là où elles ont choisi de vivre, les abeilles se portent mieux qu’ailleurs.

Nous avons reçu en 2023 le témoignage de David, suite à la publication de nos vidéos YT sur ce sujet. Le voici : « La saison des essaims a commencé depuis moins d’un mois, et 4 essaims sont venus directement dans les ruches que j’avais placé sur des couloirs à abeilles. J’avais placé 10 ruches vides dans mon jardin. En 10 ans sur des ruches placées au hasard je n’avais eu que 2 essaims au total qui étaient venus directement. C’est grâce à vous que j’ai découvert les couloirs à abeilles et j’en suis trop heureux, merci beaucoup. »

Pour prolonger cette réflexion sur les ruches de préservation des abeilles